A Baba - A mon Père

Cette jeune fille ne pardonne pas à son Père de l'avoir mariée trop jeune à un vieillard. Les jeunes filles d'aujourd'hui réclament le droit de choisir leur futur époux.

Mon Père je ne te pardonne pas

Toi qui m'a donnée bien avant l'âge.

Lorsque vous lisiez la « Fatitha »

J'étais dehors et j'écoutais.

Si j'en fais le serment

Ta maison ne sera plus la mienne.

Me voici dans le flot furieux

Ma vie en jeu

Sur la dalle qui glisse ô mes amies

Fille chaussée de vair

Aux bracelets sonnants

Que de beauté y mis sa Mère

Si on en faisait chose à vendre

On se battrait à mort

Pour savoir qui l'emporterait

Mon Père, je ne te pardonne pas

Toi qui m'a mangée comme le blé tendre

Si tu m'avais laissée  grandir

J'aurais choisi parmi les meilleurs.

Mais telle est la tradition

C'est les vieux que nous épousons.

Ma Mère, j'ai soif

J'aimerais boire à la fontaine édifiée par un jeune homme.

Si je bois j'ai peur des miens.

Mais si je meurs

C'est la soif qui m'aura tuée.

Le Dieu des bontés m'a trahie,

Plus que l'oppresseur

Il agit sur pot-de-vin.

Il donne richesse et vanité

Aux sans mérites

Qui connaissent la joie de vivre.

Moi, mon soleil s'est endormi

Il est parti avec le troupeau

Je le siffle, il ne vient pas.

Mes amies, vous faites les fières

D'être en puissance de maris.

Ils sont autant de vieillards

Grommelant sur leurs maux.

Ah ! s'ils étaient des pots

Comme je les fracasserais.


Djouhra ABOUDA

retour à la page Album 1979