DJURDJURA

 

 

DJURDJURA, peut-être ce nom évoquera-t-il aux plus érudits d’entre vous, ce haut massif algérien, situé sur la bordure méridionale de la Grande Kabylie… Pour certains, je pense à vous, immigrés, harkis et autres pieds-noirs, il rappellera le pays quitté, de force ou de gré. Eventuellement, et je le redoute, il fera naître une douteuse et nauséabonde nostalgie ; le temps de la Sale Guerre, celui ou l’on « cassait » du bougnoule à sa guise, mais si, chez certains anciens com… Temps immémoriaux et ô combien peu glorieux comme tant d’autres qui ont jalonné notre histoire, laissant l’empreinte indélébile du sang.

Et pour vous, qui ne saviez ou situer le DJURDJURA, ni même sa signification, avouez que le nom est charmeur, mélodieux, et semble avoir été inventé pour être chanté…

DJURDJURA, pour moi, c’est avant tout un chœur de femmes originaires de Kabylie aux voix limpides, harmonieuses mais revendicatrices. Elles chantent la femme algérienne, et plus généralement la femme maghrébine, ses aspirations, ses refus, ses espoirs, la dure réalité qu’est celle de l’immigré confronté à ce qu’il croyait être Miracle de la Terre Promise et ne s’avérera que Mirage. Je les ai connues au début des années 80, à l’occasion de la diffusion d’un téléfilm ; « Pas perdus » du réalisateur J.-Daniel Simon, pour lequel elles avaient crée « Le roi du balai ». C’est du reste, avec « Identité » l’une des deux seules chansons de leur répertoire interprétées en langue française ( du moins pour le refrain ). D’ordinaire, DJURDJURA s’exprime en langue berbère.

Leur trop brève carrière évoquée dans « Le voile du silence » par Djouhra ABOUDA ou Djura, récit autobiographique paru en 1990, ne s’étalera, hélas que sur une décennie. Des tous premiers concerts en plein air dès mai 77, à l’Olympia en janvier 78, puis le Théâtre de la Ville en mars 79. Des apparitions sur les plateaux TV, la Fête de l’Huma… Quatre albums en tout et pour tout ; Egrainés de 1979 à 1986. Une quarantaine de chansons, à peine.

DJURDJURA, on aime, voire on en raffole. Ou elles dérangent, et là, on les hait.

Qu’importe ! DJURDJURA ne laisse pas indifférent…

 

 

 

Je vous invite donc à visiter mes modestes pages. Qu’elles vous initient – ou vous injectent une piqûre de rappel – aux textes de DJURDJURA dont la traduction reste approximative, étant donné le caractère et la nature spécifique de la langue berbère. Et, surtout qu’elles vous incitent à courir chez votre disquaire habituel, les enregistrements des quatre vinyles ont été réédités en CD ou K7 et sont toujours commercialisés. Tel est mon vœu le plus pieux. Alors, le but de ce site aura été atteint, faire connaître un peu plus DJURDJURA.

Et puis, reconnaissons qu’à l’heure où les radios nous abreuvent d’un sempiternel Raï plus commercial qu’ancestral, sans pour autant dénigrer les talents de Mrs Khaled, Cheb Mami et autres Faudel de tous poils, un petit retour aux sources de la « vraie » musique berbère semble s’imposer…

 

 

 

 

                                                         Jean-Luc

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