Fihel asirem - Il faut agir

Au rythme lancinant des krakabs et des t'bels répond cette voix obsédante qui interroge la destinée, évoquant un climat de lutte perpétuelle entre la Fatalité et l'Action.

Tu te réveilles un matin

Tu t'aperçois que tu as un jour de pauvreté

De plus que la veille, et que tout s'embrouille

De quelque côté tu te tournes.

Il manque dix-neuf pour faire vingt

Et tu écumes de rage.

Mais quelle est la meilleure voie ?

Réveille-toi, secoue-toi !

Plutôt deux fois qu'une

Jusqu'à ce que les ennuis prennent fin.

Toi qui roule le couscous

Tu ne dois ni dormir, ni te croiser les bras

Et le jour où tu seras démunie

L'eau remplacera la sauce.

Active, cours par-ci et par-là

Resserre la ceinture d'un cran

Essaie de faire tes comptes

Quand tu n'auras plus un sou

Ta face touchera le sol.

Semblable au corbeau à travers les ravins

Qui a laissé ses petits en proie à l'inquiétude,

Tu ne fais que gémir et te lamenter

Sans parvenir à trouver quelque nourriture.

Tu ne supportes pas l'hiver

Il est vrai que le froid peut tuer

N'ayant pas la moindre planche de salut

Tu n'as le droit qu'aux larmes

Tu tournes et retournes

Le problème dans tous les sens

En long et en large

Il n'y a pas de solution

La fin est déjà dans l'embrasure de la porte

Et tes larmes n'y peuvent rien.

Vous aurez beau vous tracasser

Les faits sont là et ils sont têtus.

Vous n'aurez pas trouvé et vous ne trouverez pas,

Le pauvre sera toujours lésé.

Car les nantis ont pris le butin

Dés le matin, ils ont fait leur partage

Et tu ne peux en espérer une miette.

Pauvre opprimé endormi !

Tes misères vont être plus rudes

Ta cruche est désespérément vide.

Tu ne peux te tromper

N'attends rien d'un miracle

«  Agis, et fais parler ton bâton ! »

Tu te réveilles un matin et tu t'aperçois

Que tu as un jour de pauvreté

De plus que la veille, et que tout s'embrouille

De quelque côté tu te tournes.

Il manque dix-neuf pour faire vingt

Et tu écumes de rage.

Mais je viens de te le dire

« Agis et fais parler ton bâton ! »


Mohia & Djouhra ABOUDA

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